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Blog de Fabrice Melquiot, écrivain de théâtre, publié chez l'Arche Editeur et à l'Ecole des Loisirs, auteur associé au Théâtre de la Ville à Paris.
Les taxis-brousse cahotaient vers Dakar, nocturnes envolées sur le bitume
De l’autre côté de la route, le sommeil des glacières et des cormorans
Des gamines passaient, figures de proue sans vaisseau à charrier
Le téléphone public entassait les voix
Toutes les castagnes étaient rangées
Martin portait sa chéchia de dentelle noircie de crasse
Ibou préparait le thé dans une casserole de fer blanc, martelée comme l’était son cœur
Diakhaté rinçait les tasses dans une bassine sans eau
De l’autre côté du monde
Accroupis nous lancions nos blagues dans les scorpions
Nos rires éclataient, puis ils mouraient, pleins d'aiguillons
Nous buvions à nos santés inégales
J’aurais pissé dans cent mille violons pour inventer une musique très personnelle
Publié le 19/11/2009 à 18h10 dans fabricemelquiot