Fabrice Melquiot http://www.fabricemelquiot.com/ 2006-04-01T15:48:38Z over-blog.com Atom 1.0 Generator http://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.png Blog de Fabrice Melquiot, écrivain de théâtre, publié chez l'Arche Editeur et à l'Ecole des Loisirs. Auteur associé à la Comédie de Reims. http://www.fabricemelquiot.com/article-19521475.html Après minuit 2008-05-13T13:35:20Z 2008-05-13T13:29:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html Les jours s’abolissent - tas de fumier dans les décharges périphériques - que nous nommions nos vies : Maintenant les corbeaux Ainsi je n’ose plus de pensée solaire qu’à minuit passé dans mon pays d’ennui J’arme la lumière de destins qui tempêtent    Quand tout s’éteint Je prends l’arme Et chiale de pénombre bue Quel malin Sur les voies vaines déférées au parquet, je compte les pas qui me séparent du premier homme touchable Et de l’âme collective Parfois, je vais au théâtre voir deux êtres se parler de ce qu’il faudrait faire pour se parler Je reviens en rampant dormir dans mon insoluble mue Toujours le soleil de pleine nuit Le courage de la main levée pour caresser la main couchée Sans trêve je m’annule Dans ma décharge d’interdits Quel homme J’habite ce matin frontalier de l’abyme Quand la pluie mitraille l’avenue de Clichy Et ses travelos plastiqués Gamines paumées dans des gaillards (Tu leurs ressembles) Je cherche dans la poubelle sous l’évier les restes de mon visage Ou bien mon nom Les retrouverai-je ? La question du jour n’a pas de sexe définitif Les questions sont comme les anges Qui nous gardent des réponses Je ne risque plus ma main qu’au feu sans flamme de l’attente Pourtant j’entends les gongs et les tonnerres Sifflets, revolvers Applaudissements Cris : Ça ne fait pas un volcan, ni une folie Puisque nous sommes morts, sans plus d’histoire que les singes dans les laboratoires J’aurais tant voulu me noyer en nous Gratuitement Par goût de l’absurde, pour l’ironie de mon sort Puisque nul n’est complet, ni à compléter J’aimerais tant m’oublier pour nous oublier Que cela serve d’empreinte ou de profondeur A un futur meilleur que cette farce Il a plu terriblement Tout est brouillé Je suis ballant Sans autre dieu que la course plate de nos ombres jointes et disjointes Sans autre alternative Que le refuge de deux mains qui savent Passé minuit Me joindre Me disjoindre (Ce sont ses mains à elle) Et mes départs fuient sans moi vers des points que l’horizon sème trop loin de l’horizon Et je ne prends plus de pari sur l’instant qu’à minuit passé Quand les instants ressemblent à des cabarets fermés Et je ne crois plus qu’à minuit passé Le reste du temps Je souris À distance raisonnable du premier homme touchable Et de l’âme filandreuse qui, invisiblement, réunit tous les êtres, ces êtres qui se parlent de ce qu’il faudrait faire pour se parler http://www.fabricemelquiot.com/article-19318371.html Wanted Petula / Bouli Miro III 2008-05-05T21:00:49Z 2008-05-05T20:56:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/29/67/11//bouli-assis.jpg" /> Chers amis, Un mot pour vous signaler la publication de Wanted Petula chez L'Arche Editeur, dans la collection Théâtre Jeunesse. Il s'agit d'une nouvelle aventure de Bouli Miro. Où l'on découvre Neil Armstrong (?), un faux Petit Prince, la puce Marguerite Duressort, une vamp(ire), un lanceur de javelot à la retraite... et toujours Daddi Rotondo, Mama Binocla, Bouli, Petula... La pièce est créée fin mai à la Comédie de Reims, dans une mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota, avec dix acteurs du collectif artistique. Nous sommes actuellement en répétitions. http://www.fabricemelquiot.com/article-19032470.html Alice et autres merveilles sur France Culture 2008-04-25T00:55:16Z 2008-04-25T00:43:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html Chers amis, Vous pouvez découvrir la version radiophonique d'Alice et autres merveilles sur France Culture les 27 avril, 4 et 11 mai à 17h30. Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd Avec Fanny Touron, Christophe Giordano, Jean-Paul Farré, Bérangère Bonvoisin, Marie Mosser, Justine Marche, Mariama Sylla... http://www.fabricemelquiot.com/article-18070831.html L'écume 2008-03-24T23:55:12Z 2008-03-24T23:41:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html Captives d’un geai noir et gris Tarissent tes attentes blanchies du jour cassé de lueurs Carne irradiée dans la plaine la mer et les labours Un envol Tu reprends les travaux d’attention sous les châles bigarrés de vermine sous l’auvent de nylon des échoppes derrière les portes de tôle Parfois dans un sarong une échine se déploie entamée qui craque Tous les corps au fond du Squelette Ancestral Les couronnes de fleurs fraîches empourprent les solitudes Mariées amaigries à l’autel de survie Tout près clinque l’or du monde dans les rizières du possible et l’industrie fourmilière Hommes et femmes partout cultivent leurs lendemains Combien de fois a-t-on réclamé ton aide Aidez-moi aidez-moi aidez-moi Tu as baissé les yeux sur le nombre ininterrompu de tes pas Ainsi soit la mort Ainsi son visage lent de promeneur Que s’éteignent les moribonds dans leurs commerces foireux Comme tu promets de mourir à la lie de l’espérance Une fois épuisées les routes du petit matin Que s’effondrent les terriers défaits du Tamil Nadu Dans les temples polis par les prières dans le vide ou le progrès dans l’argent dans l’arnaque la vertu le courage la modestie Que tombent les corps goutte-à-goutte Dans l’absence creusée pour eux au monde et à l’instant Car les heures sont nos heures et ne sont que nos heures Le chignon d’une gamine dans les serres d’un oiseau qui vient troubler sa danse Voilà elle tombe Loués soient les éléphants la libre entreprise a son milliard quotidien de nouveaux fidèles Le soleil cingle et les sourires Les muscles s’allongent et la photogénie La main du cloporte frôle celle du magnat very big size american style Et les touristes bouffent du yoga Tu voudrais croire au croisement de l’aube et des bateaux arabes dans le port de Cochin Tu veux porter l’amoureuse sur les collines d’abandon Lever les yeux Mais tu brises le hochet de tes élans contre le mur de chambres trop étroites Tu confonds les visages du cœur fou Tu es muet dans l’Inde au galop des fêtes alphabétiques dépliant leurs lettres de la naissance à l’oubli Voilà elle renaît Tu habites vaguement le présent Tu n’incrimines personne Mais les coutures du temps sont si voyantes Et toujours tu oscilles à l’égard de la vie du voyage ou d’autrui Entre adoration vaine et rancœur absurde Qu’on te pardonne ces brouillons d’âme (grand mot trouvé par un homme qui se sentait petit) Qu’on se plaigne de tout baiser repris Ou interdit Qu’on célèbre les vies courtes sur les digues souillées du Bengale ou d’Oman Dans les flots sacrés de Rameshwaram Sur tous les quais de gare Loin des avalanches de luxe de mépris d’envie de mauvaise foi Que bandent les ânes Sans s’embrasser http://www.fabricemelquiot.com/article-17440560.html Faire l'amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l'énergie 2008-03-07T17:25:27Z 2008-03-07T17:14:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/29/67/11//Sans-titre-1.jpg" /> Amis, C'est une nouvelle pièce, pour trois acteurs. Autre écho au mot France ; peut-être le second volet d'un diptyque, après Tasmanie. La police : tentative d'exploration. Chez L'Arche éditeur. Extrait : BERNARD FAUCHER. Alban, mon cher petit garçon, regarde : l'homme. Animal sec. Surtout lui. Thierry. Thierry. Y'a qu'à dire Thierry et tu sais précisément ce qu'est la solitude, tu sais qui elle est, comment elle se présente, comment elle s'habille, ses petites manies, le son de sa voix, son odeur. Tous les Thierry que j'ai connus étaient des mecs taillés dans la solitude, des blocs de granit. Y'a pas pire qu'appeler son môme Thierry. ALBAN LEGAL. Et Robinson, si tu l'appelles Robinson. BERNARD FAUCHER. C'est pas pire que Thierry. Robinson, au moins, t'as une chance de vivre à la plage. http://www.fabricemelquiot.com/article-16250572.html Mirage 2008-02-02T22:20:13Z 2008-02-02T22:07:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/29/67/11//Nuit---Modane.jpg" /> Ne regarde pas sur le sable Couler Le sang cru des horloges : Il s’efface au vent des caravanes. Le temps sur un visage Ne se lit pas toujours Ni l'avant Ni l'après Et l'homme qui meurt Est peut-être né http://www.fabricemelquiot.com/article-14529603.html Bacongo 2007-12-11T12:40:09Z 2007-12-11T12:30:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html Dans la boue de Bacongo tandis que j’allais au bord du fleuve voir les gosses enfreindre le courant et rire l’adrénaline à plein gosier j’aperçus sous son ombrelle une femme albinos les yeux clos dans son vêtement chinois usant d’airs de dame de cour s’éventant d’un mouchoir sale elle portait sur sa silhouette l’étrangeté des mondes superposés. Longtemps je regardais le fleuve tandis qu’ailleurs au son des banquises on enterrait mon oncle. Les enfants savonnaient leurs musculatures anachroniques. Le fleuve charriait l’éventualité de ma mort comme le limon ou une promesse et j’aimais la savoir à portée de main ma fin dangereuse. Il n’a pas plu. Puis j’ai traversé le quartier en soutenant le plus de regards possibles par jeu sans doute. Un garçon m’a demandé : comment ça va, le Blanc ? J’ai répondu : bien, et toi le Noir ? J’ai soutenu son regard (combien de secondes ?) Il a fini par sourire et on s’est serré la main sur un nid de cactus ailés. Le soir mon oncle était seul dans son caveau tout neuf et je pensais à lui à pleins poumons au revoir Tonton. Longtemps je regardai le fleuve longtemps les rues longtemps les hommes les femmes marchands de crasse et marchands de crève et marchandeurs et rien juste des statues qui battent volontaires dans la survie de ferraille. Peu à peu je me suis détaché et maintenant je flotte loin de tout comme au cœur je vois plus juste la couleur des yeux en orbite ceux de n’importe qui croisé là dans la marche tapée sur la terre d’orage. Un bel instant je vois sans peur de voir puisque ma mort est au ventre du fleuve le poisson noir qu’on n’attrape qu’à la main passée ainsi soit-il. Sinon j’ai trouvé que dans l’ensemble on parlait sacrément de queues et de couilles de cons et de culs et de nos corps débraillés ça ne m’a pas gêné mais je l’ai noté et je me suis dit que ce n’était plus vraiment au centre de ma vie tout ça je me faisais vieux peut-être ou alors j’étais trop amouraché papillon épinglé à un cœur éruptif sûrement. Tant mieux Pour-Toujours. Le ciel de nuit s’était déjà chargé d’arcs électriques. Nous avons dansé et j’ai été gauche tu n’as pas idée. http://www.fabricemelquiot.com/article-13908771.html J’ai appris à te jurer quelque chose 2007-11-19T12:00:15Z 2007-11-19T11:51:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html La nuit jette en pâture nos crânes aux pauvres, traînant jusqu’à l’aube leur sacre morne ; ils passent sans ramasser nos têtes                       Vois, je ne m’endors qu’au dehors de moi, sur les brisées de la commune absence, martel en tête, pour la cognée des songes ; quand tu dors, je fais mon tour en loques De mon enveloppe cent fois oblitérée, je m’extrais pour prendre repos ; une pelure d’homme, au vent ; je suis le bien veillant sur nos sommeils joints C’est moi, la voix qui te fait parler la nuit, tandis que se love contre tes reins mon ombre sans froc ; je fais mon tour, puis le tien Je bats, paupière tremblante à ton œil, agitant les heures du coq, me reconnais-tu ? Passé par la fenêtre, je ne meurs qu’en voyageant, la main ouverte, tends-moi la main, montrons-nous une vie d’errants volontaires, marchons à l’écart ! Que je m’étire en toi, m’agrippe au devenir : je n’ai la clef de moi qu’à ta serrure Nous sommes l’un de l’autre l’énigme sainte ! Je ne crois pas au bonheur, comme il se doit, mais une phrase perle à mes lèvres ; membre amputé : Je te jure que c'est vrai ; il n'y a de vérité que parce que j'ai appris à te jurer quelque chose. http://www.fabricemelquiot.com/article-13908256.html Histoires célèbres et inconnues 2007-11-19T11:55:07Z 2007-11-19T11:27:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/29/67/11//HISTOIREScouv-1--copie-1.JPG" /> Retrouvez Gulliver, Cendrillon et Casanova dans ces trois Histoires célèbres et inconnues. Depuis des lustres, on vous raconte n'importe quoi à leur sujet. Il est temps de rétablir la vérité. Ou plutôt d'aller fouiller dans leurs secrets. Découvrez ainsi l'amitié qu'entretient Gulliver avec Albert le Lampadaire, l'amour déchirant dont brûle la lilliputienne Anagrine Lopatorian, rencontrez Yvon l'Edredon de Cendrillon (et le Prince qui fait des freins à main sur le parking pendant qu'elle fait le ménage!), entrez dans la vie dissolue de Casanova (jusqu'à l'apparition d'Angela la Tortilla), bref - Si vous voulez en savoir plus, c'est en librairie à partir du 22 novembre, chez Gallimard, dans la collection Giboulées. Les dessins sont de Louis Arene. Pour petits et grands. http://www.fabricemelquiot.com/article-13907980.html Alice et autres merveilles 2007-11-19T11:30:13Z 2007-11-19T11:19:00Z Fabrice Melquiot http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29581.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/29/67/11//Alice.jpg" /> (Bon, j'avoue : j'ai très mal lu Lewis Carroll. Du coup, ça donne ça.) Extrait :  Alice. Au début, je croyais qu’il dormait, alors je l’ai regardé dormir, en attendant qu’il se réveille. Puis, j’ai compris qu’il était mort, alors je l’ai regardé mourir et plus rien à attendre. Moi, j’aime faire cent trucs à la fois et même des fois dans les cent un, cent deux. Sinon, j’ai des secrets, comme toutes les filles. Sauf que je ne peux pas m’empêcher d’en parler à tout le monde, alors zut.   Passe Le Lapin Blanc aux yeux roses, à toute vitesse.   Tiens, j’ai cru voir passer un lapin ! J’ai rêvé, tu crois ? Moi, les rêves, je voudrais en faire mon métier. Qu’on me paie un bureau juste pour ça. Parce que derrière tes yeux, quand tu rêves, c’est toute une vie qui passe. Et souvent c’est une vie mieux que la vie, parce que c’est impossible. Moi, ce qui est possible, souvent, je m’en tamponne, je préfère me dire : c’est une merveille à quel point c’est impossible et no woman no cry. J’aimerais une vie qui soit une merveille à elle toute seule. Tant qu’à faire : j’aimerais être une merveille. Exemple : une Chevrolet. Ou un joli garçon qui parle bien doucement. Ou une barque, filant sur l’eau, un dimanche de soleil, avec à son bord, moi et moi et moi encore, et puis toi, mon vieux.