Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 21:05

Porte ton poids à travers neige

Porte ton poids

Sur la tangente que le visage trace au visage

Le long du temps

À force de faiblesses

Cette face de traits qui penchent dans la glace

Allonge-toi

De surface en surface

Froides elles t’écharpent et te laissent

Parfois pour morte

Profondément

Mais toute érosion a un enfant dans le limon

Déleste-toi

De toi en toi

Du poids de neige qui recouvre

La mare cramoisie des batailles

Où chantera demain une chorale au front lisse

Cherche une douceur sans propriétaire

Cette chaleur au monde

Offerte contre rien

Rien que le givre qu’elle console

Marche en guide et suiveur

Marche en femme et en homme

Particule et goutte d’eau

Porte ton poids

Et ne compte pas les morts en route

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Commentaires

Merci aux flocons
qui réenchantent la grisaille
en reteignant nos ciels
A tes mots
qui pansent nos entrailles
en rallumant les soleils
Aux maux
qui nous givrent nous plient
nous chient nous aliènent
Aux cons
qui nous renient et baillent
des merveilles
Atlas nous sommes
dans la magie des cartes
grâce monstre tutélaire
Commentaire n°1 posté par W le 14/12/2009 à 10h15
Et merci au coeur sans limon.
Commentaire n°2 posté par Iedera le 14/12/2009 à 17h50
Mains baladeuses doigts dans les boucles
Bouche sur la bouche
Guerre perdue
Commentaire n°3 posté par Manon le 18/01/2010 à 14h25
Incroyable. Ta boulimie. Accro à la Pureté. On pourrait imaginer...
Un Ange passe.
Commentaire n°4 posté par M le 11/02/2010 à 01h36

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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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