Porte ton poids à travers neige
Porte ton poids
Sur la tangente que le visage trace au visage
Le long du temps
À force de faiblesses
Cette face de traits qui penchent dans la glace
Allonge-toi
De surface en surface
Froides elles t’écharpent et te laissent
Parfois pour morte
Profondément
Mais toute érosion a un enfant dans le limon
Déleste-toi
De toi en toi
Du poids de neige qui recouvre
La mare cramoisie des batailles
Où chantera demain une chorale au front lisse
Cherche une douceur sans propriétaire
Cette chaleur au monde
Offerte contre rien
Rien que le givre qu’elle console
Marche en guide et suiveur
Marche en femme et en homme
Particule et goutte d’eau
Porte ton poids
Et ne compte pas les morts en route
Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.
A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.
Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.
Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :
un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :
nous nous sommes un peu élévés du sol,
nous avons un peu volé.
Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"
Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.
qui réenchantent la grisaille
en reteignant nos ciels
A tes mots
qui pansent nos entrailles
en rallumant les soleils
Aux maux
qui nous givrent nous plient
nous chient nous aliènent
Aux cons
qui nous renient et baillent
des merveilles
Atlas nous sommes
dans la magie des cartes
grâce monstre tutélaire
Bouche sur la bouche
Guerre perdue
Un Ange passe.