Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 09:26
Les livres évoqués samedi dernier à la Librairie des Abbesses :
 
Le poisson-scorpion de Nicolas Bouvier
L'éternité par les astres de Louis-Auguste Blanqui
Compact de Maurice Roche
La mer de Jules Michelet
Poésie verticale de Roberto Juarroz
La vengeance de la pelouse de Richard Brautigan
La Fourmi Rouge et autres textes de Charles-Albert Cingria
L'innommable de Samuel Beckett
La poétique de la rêverie de Gaston Bachelard
Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Commentaires

il est parfois bien embêtant de ne pas pouvoir faire un copier/coller de  tes articles fabrice afin de partir à la bibliothéque ou à la librairie la plus proche avec cette petite liste sous le bras !!!!
sophie(des grigris)
Commentaire n°1 posté par sophie le 14/10/2009 à 09h43

Merci Fabrice. Et bien, on va s'y mettre.

Commentaire n°2 posté par Serge le 14/10/2009 à 12h17
Merci pour ces chemins de traverse.
A bientôt sous l'averse.
Commentaire n°3 posté par Garance le 15/10/2009 à 00h43
Cher Fabrice,

Je n'ai plus assez d'espace dans les cases de votre blog.
Je vous écris en tentant de tenir la distance, en la mettant au coeur de ce mot.
Je voulais vous dire, 
j'ai vu à Lannion un âne, aux yeux de biche, 
sur la scène du Carré Magique. 
Avec lui, un homme au dos ciselé, parfait, Otto.

Un homme, qui, dès les premiers mots, les premières syllabes 
nous a emmené faire un tour du monde, 
un tour de sa vie généreuse rocambolesque aventureuse ébouriffante drôle, vivante.
Cette vie vraie, décrite par vous, est si proche de celles que j'entends ici.
Vie de corsaires, de pirates, de marins, 
en marge, 
exigeante et solitaire, vie de rencontre et de rupture
en quête d'ailleurs, 
en appel, des autres, 
d'un Autre.

Et comment, 
la vie d'un Roi d'Albanie, 
peut-elle remettre au centre de sa propre vie ?

Dans la salle, 
des filles aux cheveux longs plein de henné et odeurs de patchouli, d'huile essentielle maison, 
des hommes habillés de pulls tissés main, chaussures crottées, des odeurs de travail, de nature, de terre et de forêt. 
Derrière moi, une femme confiait à son amie, 
que la nuit dernière elle avait voulu mourir. 
Elle avait senti son corps se transformer en pierre, 
et qu'une peur indescriptible, 
Je te jure j'ai eu tellement peur, l'avait envahi. 

Les lumières se sont allumées sur Otto à l'envers, 
et le silence s'est fait.
Pas un bruit, quelques rires d'enfants.

Fabrice, 
au premier mot, 
et je n'étais pas seule, 
vous nous avez lié, sorti de nos êtres trop petits, attrapé par la main. 
Ensemble, 
prit par les mots qui sont les vôtres, sortis de l'âne muet et de la bouche d'Otto intarissable, 
ces mots nous ont rassemblé. 

Et j'ai reconnu là, votre pouvoir magique.

Otto à chaque claquement de doigt, de pied ou de langue, nous remettait en selle, en scène.
Son corps lisible, souple et vibrant,
vos mots en enfilade, 
en saccade, 
dans un rythme de danseur, 
balançaient les espoirs, les envies, les amours,les trahisons,les déceptions. 
Calculaient à l'envers, 
ce 1+1, 
réussissant à faire de nous, 
les filles patchouli, les garçons aux pulls tissés, moi, l'âne, Otto et toi, 
Commentaire n°4 posté par G le 20/10/2009 à 17h43

JE DISAIS BIEN QUE ÇA DEBORDE DU CADRE. ALORS, JE CONTINUE. OTTO WITTE FAIT UN CALCUL, 1+1= 1, CALCUL VERIFIé DANS CETTE SALLE DU CARRé MAGIQUE, MOI JE CROYAIS QUE 1+1= 3, MAIS CE SOIR Là OTTO

Calculait à l'envers, 
ce 1+1, 
réussissant à faire de nous, 
les filles patchouli, les garçons aux pulls tissés, moi, l'âne, Otto et toi, 
un. 

Lorsque la lumière s'est rallumée, 
la fille qui voulait mourir, ne voulait plus mourir, 
et sa copine était bien contente. Elle l'avait sauvée.
Tout le monde s'était sauvé.
Sauvé de la peur, de l'angoisse et de la mort, 
se marrant bien de savoir qu'elles existent, 
tous prêts, dans les "Mais c'est excellent! c'est merveilleux!"
dans ces instants sans solitude 
à vivre quelque chose. 

Merci pour ces bienfaits.
Merci encore pour les pistes de lecture et promesses à venir.

Je vous embrasse.
Commentaire n°5 posté par G le 22/10/2009 à 14h40

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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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