Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 09:55

Mais dans les tendons de ma nuque, je reconnais les jonques

De la joie

Bordées de lampions vifs

Elles tracent un sillon de nacre et résistent au bouillon

De petites embarcations qui se teintent de pourpre

Et mettent à mes joues

L’enfance à la mode 

L’éclairage de mes veines balise la marche des soirs

Et des matins

Et je vais

Je vais bien

Je vais très bien

Des barques me descendent, me remontent, des barques me traversent

Chargées de marchandises

Existentielles

Hier encore, les gars du port

Gueulaient leur santé

Dans une artère mal famée

Ils trinquaient à la mort des voyages !

Tout un peuple m’irrigue

Vêtu de rêves si réels qu’ils effraient

Coiffé de casquettes à visière et de ventres et de brins d’herbes

Gorgé d’enzymes tendres et de rires et de foudres

Et je vois

Je vois loin

Je vois très loin

Derrière les arbres 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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