Mais dans les tendons de ma nuque, je reconnais les jonques
De la joie
Bordées de lampions vifs
Elles tracent un sillon de nacre et résistent au bouillon
De petites embarcations qui se teintent de pourpre
Et mettent à mes joues
L’enfance à la mode
L’éclairage de mes veines balise la marche des soirs
Et des matins
Et je vais
Je vais bien
Je vais très bien
Des barques me descendent, me remontent, des barques me traversent
Chargées de marchandises
Existentielles
Hier encore, les gars du port
Gueulaient leur santé
Dans une artère mal famée
Ils trinquaient à la mort des voyages !
Tout un peuple m’irrigue
Vêtu de rêves si réels qu’ils effraient
Coiffé de casquettes à visière et de ventres et de brins d’herbes
Gorgé d’enzymes tendres et de rires et de foudres
Et je vois
Je vois loin
Je vois très loin
Derrière les arbres
Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.
A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.
Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.
Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :
un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :
nous nous sommes un peu élévés du sol,
nous avons un peu volé.
Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"
Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.
moi
ce sont ses lêvres
Pulpe,
comme elle sourit
Ce je quevois
moi
la peau
moire de sa cuisse
que ses doigt caressent
tant et tant
ce, que le vois
moi
ses cheveux
sur ses épaules
noirs
comme
embrasés d'aventures intimes
didier
alias M. Culbutoké
Les chèvres grimpent leurs sentiers
Les chats prennent le nom de gouttières
Sèves, sueurs et sang
Tracent les lignent de nos paumes courtes, longues ou accidentées ;
Quand matins heureux et soirs humides accordent l'Existence derrière et devant
Soi.
Le lait mouille les cils noirs, incurvés comme vos felouques,
Ecoulement du temps quand nos rêves étaient nus -jadis, naguère-
Les coeurs sont immortels et la douceur, exquise et infinie.
Ce sont là des saveurs qui touchent à nos pores,
Et les phares gonflent les joues des souvenirs diffus tels l'embrasement des torches ;
Vers tout là haut, quand le vent souffle fort.
Quand femme parmi les Hommes, je cherche le sens derrière les corps suspendus à un Fil,
Je vois... le prix des marchandises manger nos tripes.
Et je veux vaincre, et lutter, et me reposer, et m'embarquer toujours,
Et je veux trouer le prisme de mes lunettes, les joues en feu, traverser le mur du son,
Au forceps,
Irriguer mes veines et renaître.
Il est beau ton poème vert, c'est dur d'écrire après
en même temps cette sensation c'est le vertige que tes mots donnent
mais ils filent aussi des pieds au clavier qui aurait vite fait de galoper
juste comme ça pour voir ce que l'on a à dire
tu me manques des fois, t'as l'air bien
je cherche un mail valide où je pourrai t'envoyer un fly,
dans une semaine, on marche sur l'eau.
Hasta Luego