Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 09:55

Mais dans les tendons de ma nuque, je reconnais les jonques

De la joie

Bordées de lampions vifs

Elles tracent un sillon de nacre et résistent au bouillon

De petites embarcations qui se teintent de pourpre

Et mettent à mes joues

L’enfance à la mode 

L’éclairage de mes veines balise la marche des soirs

Et des matins

Et je vais

Je vais bien

Je vais très bien

Des barques me descendent, me remontent, des barques me traversent

Chargées de marchandises

Existentielles

Hier encore, les gars du port

Gueulaient leur santé

Dans une artère mal famée

Ils trinquaient à la mort des voyages !

Tout un peuple m’irrigue

Vêtu de rêves si réels qu’ils effraient

Coiffé de casquettes à visière et de ventres et de brins d’herbes

Gorgé d’enzymes tendres et de rires et de foudres

Et je vois

Je vois loin

Je vois très loin

Derrière les arbres 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Commentaires

Ce que je vois
moi
ce sont ses lêvres
Pulpe,
                    comme elle sourit


Ce je quevois
moi
la peau
moire                    de sa cuisse
que ses doigt caressent
tant et tant

ce, que le vois
moi
ses cheveux
sur ses épaules
                                     noirs
comme
            embrasés d'aventures intimes

didier
alias M. Culbutoké

Commentaire n°1 posté par didier alias M. Culbutoké le 03/10/2009 à 14h20
L'enfance à la mode de Quand
Les chèvres grimpent leurs sentiers
Les chats prennent le nom de gouttières
Sèves, sueurs et sang
Tracent les lignent de nos paumes courtes, longues ou accidentées ;
Quand matins heureux et soirs humides accordent l'Existence derrière et devant
Soi.
Le lait mouille les cils noirs, incurvés comme vos felouques,
Ecoulement du temps quand nos rêves étaient nus -jadis, naguère-
Les coeurs sont immortels et la douceur, exquise et infinie.
Ce sont là des saveurs qui touchent à nos pores,
Et les phares gonflent les joues des souvenirs diffus tels l'embrasement des torches ;
Vers tout là haut, quand le vent souffle fort.
Quand femme parmi les Hommes, je cherche le sens derrière les corps suspendus à un Fil,
Je vois... le prix des marchandises manger nos tripes.
Et je veux vaincre, et lutter, et me reposer, et m'embarquer toujours,
Et je veux trouer le prisme de mes lunettes, les joues en feu, traverser le mur du son,
Au forceps,
Irriguer mes veines et renaître.

Commentaire n°2 posté par Dehbia le 04/10/2009 à 14h00
Mais Fabrice, pour ceux qui ne pouvaient pas être entre les étagères, qu'elle est donc cette bibliothèque idéale?
Commentaire n°3 posté par Guénaëlle le 12/10/2009 à 06h13
salut mon cop, 

Il est beau ton poème vert, c'est dur d'écrire après
en même temps cette sensation c'est le vertige que tes mots donnent
mais ils filent aussi des pieds au clavier qui aurait vite fait de galoper 
juste comme ça pour voir ce que l'on a à dire

tu me manques des fois, t'as l'air bien
je cherche un mail valide où je pourrai t'envoyer un fly,
dans une semaine, on marche sur l'eau.

Hasta Luego


 
Commentaire n°4 posté par olivier le 23/10/2009 à 22h01

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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

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L’office de la parole,
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de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
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La parole : ces yeux ouverts.
 
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