Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 00:38




Dans les roches carbonées, aux veines noires, sang tari

L’arpenteur pose sa tête

Et elle bleuit

Est-ce toi que le soir déguise en prose au crayon de couleur ?

 

Petit poème du crassier

Où monte la vigie

Pour parler bas

De qui meurt

 

Mon visage n’est plus présentable qu’à la lumière des souterrains

Viens voir

La nuit m’offrir son sein unique sous le corsage opaque

 

Nous avons failli, toi et moi, faire un avion de quatre bras

Un voyage à dix balles sur l’Île des Aléas

Avec chapeau de paille, aspirations, vitraux pour notre église

Et puis

Le soir

Un soir qu’on appelle le soir

Un caillou, du verre brisé, le souffle court

 

Et puis

Nous avons relancé les dés

La Roue des Temps Composés

Dans la tombola du dimanche

 

Nous avons relancé
 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Commentaires

Merci… un poème comme celui-là pour commencer sa journée, dans ce monde-là, merci !
Commentaire n°1 posté par Evelyne le 02/07/2009 à 09h55
Les oiseaux se font tirer aussi
Qui faut-il accuser,
Le chasseur ou le fusil ?


Le permis que l'on a délivré, dit l'un.
Et puis tout cela est si tranparent, on sait.
On sait l'océan, on sait la mer, on sait le vent.
On sait l'argent, on sait, on sait, on sait.

On faillit, un peu, toujours, beaucoup.
On rage.

On sait la roue  inexorable...
Un jour elle arrive subrepticement, avec ses galoches, ses sabots, ses mules, parfois même en tongues,
Le visage immuable, elle arrive, creusant les plaies, bleuissant les peaux, enfouissant les corps de cet homme, de cette femme, de cet enfant nommé chance sur l'Île Brisée des sans retour.
Sans musique, ni danse, ni remords...

Le poète dit le fond, l'amoncellement des nuits,
Le poète dépose, nettoie, pleure, se noie pour parler
De qui meurt comme on se mouche sur un cheval foubu.
Le poète couche son crayon dans le soir endeuillé des îles lointaines, si proches pourtant ;
Il déguise les veines des mots, retient les verbes d'action, ne tait pas son émotion.
Il cogne, barbouille, débarbouille, taille, dessine, écrit...
Il voyage à mille bras, semant ses lettres aux survivants
Comme on compose un requiem.

Verdi, Mozart ou Baya, tous ont tiré la Tombola,
Un jour, ou peut-être une nuit...

DD



Commentaire n°2 posté par Dehbia Deghmous le 02/07/2009 à 10h35
 

Orfeo

 

À la courte paille des silences j'ai tiré ton nom sous le vent et ton frère m'a portée jusqu'à tes rivages irradiés, tes cimes marquises, tes colosses couchés, tes vieillards échevelés.

Ce rêve de hasard m'a offert un tombeau, là entre deux rochers.

Pas de marbre, de fleurs, juste la caresse des eaux sans pleurs. Pour que mes cheveux sans voix, mes yeux sans visage tissent des nasses aux aventureux.

Ne te retourne pas.

Commentaire n°3 posté par y le 03/07/2009 à 00h13
Moi, l'orientale, il m'a désorientée
En moi, la femme aux veines noires, il a fait naître du rouge derrière mes paupières
De mon crasseux chapeau de paille, il a libéré des mèches opaques
De la lourdeur décomposée de mes pas sur la quai, il a fait tourner la Roue et relancé l'espoir.
Commentaire n°4 posté par brigitte le 05/07/2009 à 09h42

Quand les roches s'offrent au rire et au désir,
Les coeurs derviches dansent le moon walk,
L'Orient baise l'Occident dans un souffle,
Lente brûlure d'impatience.

Entre Elle et Lui,
Les conversations empalent les chapeaux de paille 
Désorientés dans la clarté des souterrains.
Et le sang dans les veines noires comme une giclée,
Shakespearienne.

L'Espoir luit au temple des amours naissantes,
Poème voilant les seins sur les Îles Bien à Eux...


  


Commentaire n°5 posté par dehbia le 10/07/2009 à 11h28

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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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