La nuit tourne comme une carne en broche
Dans un feu sans remède
Elle espère les cendres plutôt que nos bouches
D’humains sans repos
La nuit passe comme un train vide
Vers des steppes intactes
Je marche silencieux dans son ventre de plâtre
Mes pas font trois mille morts à la surface du globe
Douze mille naissances
Tandis que j’époumone
Mon revenu
L’éternité dort sous la neige avec les Gens Illustres
Les furias sont pâles et calculables
Les ornières comblées
Nous feignons d’être éblouis, comme l’éblouissement feint d’être lumière
La rareté de la vie fait de nous des puceaux
Sans gloire
Au fond d’un bar sans client ni cachet
Je reprends de mémoire le visage de Lana
Son ouvrage réclame
Toute la précision du monde
Laine, aiguille, canevas
Pour trouver son regard
Impromptu que joue l’amour
Pour distraire l’attention du diable ou de Dieu
Ou corriger leurs erreurs
Lana qui part dans la nuit de Moscou, sa rose sur l’épaule comme un fusil chargé
Pas une étoile digeste à part ça
Les néons les néons les néons
Pas une fenêtre alentour pour vomir un piano
Pas une consolation
Pour mes petites mains de couturière
Alors je rentre dans le chant limé des clochardes
J’habille la chaise de mon manteau sale
Me couche dans ce champ d’orties où les rêves sont un prurit
Certaines heures sont bradées par l’oubli
Pourtant il faut bien que je mette un réveil
Il faut bien que je repasse ma chemise
Il faut bien que demain je remette mon cœur en vente
Dans des poèmes bidons sans clef ni serrure
Il faut bien que j’articule mon nom pour des bibliothécaires
Il faut bien que je retende la peau de mon sourire
Il faut bien que je dispose de toutes mes facultés
Que je remonte la mécanique de l’homoncule
Pour disparaître
A vue
Moscou, 1er décembre 2008
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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.
A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.
Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.
Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :
un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :
nous nous sommes un peu élévés du sol,
nous avons un peu volé.
Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"
Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.
Commencer la journée par un poéme de Fabrice ...Un rêve que j'aimerais quotidien......
Sophie (des grigris)
Sans nuages bas ni obstacles
Elle a décidé de rester éveillé.
Une nuit sans sommeil
Prête à ressentir chaque heure
Minute et quart du passage de la nuit.
Alphaville hôtel.
Mari Assaï contemple le bout peint de ses ongles de pieds
Néons rouges sur la pénombre.
Depuis son atmosphère atomisée
Elle veux s'imaginer marcher
Seule, le front contre la nuit.
Elle ne sourit plus,
Pense au poète, globe-trotteur, frère dans cette nuit.
Ses mots à lui, dans le silence de minuit.
Combien sont-elles à vouloir être,
Le tu de vos poèmes.
Filles au col mal serré, beautés au sein coupé.
Dans la chaleur du matin gris,
Elle entend l'appel de sa propre vie
Dirige vers l'Autre, une onde, un son tendu.
Elle se souvient de cette phrase fatale
Entendue
Il est impossible d'entrer deux fois dans une même vie.
Un petit bonjour de Guadeloupe ou je donne un stage.
Bien à toi
Un bouli
BastienC:.
Oui. Tu "craches" des mots. Beaucoup de mots. Et tu le fais bien.
Je les vois et les regarde avec autant de gourmandise que de douceur il y a dans le sourire qu'ils provoquent.
Nous devons tous avoir un cracheur dans notre vie, pour une pause pleine d'amitié.