Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /2008 20:00




Le monde court entre les arbres
De matin en matin
Se poursuivant lui-même
Comme le chasseur ou le gibier
Vont à la mort du même pas
Le monde est cette proie qui l'arme au poing
Se pleure dessus

Vois-tu ?

L'obscurité fausse le jeu
Du noir
En lui donnant d'autres noms

Je suis au terminus
Avec ma gueule
Choreute éteint de son plein gré
J'attends encore
De soir en soir
La vie sans armature
Fenêtre sans petits-bois
Ces instants de cristal brisé

Le monde passe comme un chevreuil ou son tueur

Je suis le gardien du phare de ta voiture
J'attends qu'il m'éclaire
Sur la beauté du cadavre
Et le prix de la course

 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Commentaires

C'est à pleurer Fabrice, mais c'est si juste... Je crois que tu vas m'aider à ralentir la journée qui va commencer. Et à sourire...
Commentaire n°1 posté par Annie J le 15/10/2008 à 05h21
Pourquoi est-ce si attirant le désespoir affiché? 
Comme un aimant, il lui donne envie de s'y attacher; fait naître en elle l'espoir fou qu'il y a à sauver. Désirer sauver...oui encore, elle veut désirer sauver. 
Elle marche avec lui sur le fil, croit lui tendre la main, mais tombe juste avant. A terre, elle n'a plus qu'une seule arme, et lui sourit. "Vous êtes un funambule" dit-elle, "expert, seul détenteur de la clé des champs". 

Commentaire n°2 posté par guénaëlle le 24/10/2008 à 15h59

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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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