Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /2008 13:29




Les jours s’abolissent - tas de fumier dans les décharges périphériques - que nous nommions nos vies :
Maintenant les corbeaux

Ainsi je n’ose plus de pensée solaire qu’à minuit passé dans mon pays d’ennui
J’arme la lumière de destins qui tempêtent   
Quand tout s’éteint
Je prends l’arme
Et chiale de pénombre bue
Quel malin

Sur les voies vaines déférées au parquet, je compte les pas qui me séparent du premier homme touchable
Et de l’âme collective
Parfois, je vais au théâtre voir deux êtres se parler de ce qu’il faudrait faire pour se parler
Je reviens en rampant dormir dans mon insoluble mue
Toujours le soleil de pleine nuit
Le courage de la main levée pour caresser la main couchée
Sans trêve je m’annule
Dans ma décharge d’interdits
Quel homme

J’habite ce matin frontalier de l’abyme
Quand la pluie mitraille l’avenue de Clichy
Et ses travelos plastiqués
Gamines paumées dans des gaillards
(Tu leurs ressembles)
Je cherche dans la poubelle sous l’évier les restes de mon visage
Ou bien mon nom
Les retrouverai-je ?

La question du jour n’a pas de sexe définitif
Les questions sont comme les anges
Qui nous gardent des réponses

Je ne risque plus ma main qu’au feu sans flamme de l’attente
Pourtant j’entends les gongs et les tonnerres
Sifflets, revolvers
Applaudissements
Cris :
Ça ne fait pas un volcan, ni une folie
Puisque nous sommes morts, sans plus d’histoire que les singes dans les laboratoires

J’aurais tant voulu me noyer en nous
Gratuitement
Par goût de l’absurde, pour l’ironie de mon sort
Puisque nul n’est complet, ni à compléter
J’aimerais tant m’oublier pour nous oublier
Que cela serve d’empreinte ou de profondeur
A un futur meilleur que cette farce
Il a plu terriblement
Tout est brouillé

Je suis ballant
Sans autre dieu que la course plate de nos ombres jointes et disjointes
Sans autre alternative
Que le refuge de deux mains qui savent
Passé minuit
Me joindre
Me disjoindre
(Ce sont ses mains à elle)

Et mes départs fuient sans moi vers des points que l’horizon sème trop loin de l’horizon
Et je ne prends plus de pari sur l’instant qu’à minuit passé
Quand les instants ressemblent à des cabarets fermés
Et je ne crois plus qu’à minuit passé

Le reste du temps
Je souris
À distance raisonnable du premier homme touchable
Et de l’âme filandreuse qui, invisiblement, réunit tous les êtres, ces êtres qui se parlent de ce qu’il faudrait faire pour se parler
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Commentaires

Boue blanche
pour tache
sur ombre noir

les turpitudes turbines
friture de peur
je frissonne, j'ébouillonne
je flou
je viens de mouvement
je mouviens
je me mouviens de rien
le néant m'emporte, et la brise me souffle
je m'évapore, je transpire
ma sueur me noie
je fais avancer le temps pour qu'il me gagne
mes instantanés me caféine
me fige et me met dans l'embarras
j'ai le choix
je reste ou je continu
le choix est dans la question
je
choisi

L'immobilité est forcément dans la réponse.

L'impossibilité est forcément la question.

Rébellion du corps, métamorphose corporelle
je devient le barbare
stimilateur similateur
j'insinue nullissime

que l'on peu fuir

enfermé et condamné

l'arrêt ferré a mes pieds

m'empêche d'avancer.

Commentaire n°1 posté par ludo le 13/05/2008 à 21h07
Rue d'Avron des délices, un rot et un pit s'embrasse se renifle dans la chaleur moite et sous un soleil rare. bienvenue au marché des voleurs, malboro à 10 balle, ou la misère travaille. Bienvenue au kebab kurde jusqu'à des heures du mat Salade, tomate, oignons pour les travelos de clichy ici c'est porte de mOntreuil dernier cercueil à gauche... à vous Paris.
Commentaire n°2 posté par otto de mOntreuil le 14/05/2008 à 06h57
j'adore vraiment

que ta plume rencontre la mienne une fois, pour la saveur d'un partage, merci pour ce bonheur vif!
Commentaire n°3 posté par n-joy midi le 10/10/2008 à 20h54
Midnight is where the day begins
Midnight is where the day begins
Midnight il where the day begins
Commentaire n°4 posté par Dororo le 05/04/2009 à 11h37

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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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