Jeudi 18 octobre 2007
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Avenue Christophe Colomb, à Punta Arenas
Le Bar Saturne n’existe pas
Mais au numéro 756
On trouve cette enseigne invisible :
Désir que le Bar Saturne existe
Il existe donc une porte qui n’existe pas
Quand tu es entré au Bar Saturne
Toi non plus tu n’existais pas
Mais tu voulais commencer
Et il fallait boire ton huitième café
Pour accélérer le coeur
Et aller vers
Apprendre à exister
Il y avait là des gens inexistants
Figures creuses enfilant des beignets à la viande
Dans la bouche du néant
Tu as vu cet homme qui remontant le mécanisme de sa montre
Revint à l’origine du temps
Et le cueillit
Pour renaître dans un jardin propre
Tu te souviens de ce tableau qui n’existait pas
Signé Mariboli
C’était une vue de Saturne
Et les bouteilles autour
Tournaient comme des étoiles vides
Ou habitées
Qu’il était bon de n’être pas encore
Dans ce désir de bar
Qui n’était qu’un désir
Pourtant, tu l’entends encore, la vieille dame
Sur son tabouret perchée
Comme un Giacometti mourant
Et de sa voix mordue par les spectres :
« J’avais sept ans quand j’ai dit la première fois : un jour, j’irai en Europe. Et en 1980,
j’ai vu Paris un été, le Louvres et le Lido dans la même journée ah, nous étions tous ces vieux ah. Puis je n’ai plus bougé. Je marche souvent au bord du détroit. Je ne crains pas le vent.
J’ai soixante-dix-neuf ans. »
Il y eut des phrases où passèrent des paquebots
Que personne ne prit
On essaya de parler français, entre morts-vivants
Au mur, près de l’horloge
Quelqu’un avait suspendu un boomerang
Qui n’existe pas
Alors la vieille dame a osé
Revenir à l’origine du désir et te souriant
Elle a prononcé cette phrase de tous les âges :
« J’aimerais vous aimer. »
Tu as rougi.
Tu as cru à une plaisanterie.
Elle a rougi.
Tu l’as regardée un long moment.
Elle n’avait pas l’air de regretter.
Tu aurais pleuré jusqu’à ce que tes larmes existent.
Tu as commandé un neuvième café, sans savoir qui t’avait servi le précédent.
Il y eut un silence et le Big Bang.
Puis tout s’est mis à exister, soudain tout a existé.
Jusqu’à ta caresse sur la main de la dame.
Il y eut vos deux respirations, placées l’une près de l’autre, sur la portée.
Si tu désires une chose, tu la mets au monde.
Lou
terrienne
Sois matinale et aérienne
N'existe
Ne vole
Grâce
Sois l'oiseau clef
Niche là, au delà du seuil minimal D'
S'il te plaît
Oui, oui.
J'y ai repensé et Bar Saturne sont les premiers mots que j'ai pu lire de vous. Bar Saturne.
Mercredi, lycée maurice Genevoix vous étiez la et .... Je suis celle qui écrit, des histoires ...
Oui, mercredi vous étiez la et je n'ai pas pu vous dire audiblement ce que me disaient vos mots... J'avais peur de ne pas savoir mettre les mots Justes. (grande pensée pour Jean Luc Lagarce...)
Les flacons sont des bulles de poussiere (mais version moins "cul-cul") ... poussiere de la mémoire, qui éclatent au présent et qui finalement ont peut-être, l'espace d'un instant, fait le temps s'arreter.
Je voulais vous dire.
Je voulais vous dire que dans Lisbeth j'aimais cet "humour Intelligent des mots"
cf : ils sont au bar, tout pres, deux amputés .... quelques minutes plus tard Lisbeth dit : "j'en metterais ma main a coupé"
J'ai explosé de rire. Un rire spontané et à la fois plein de gêne. J'ai explosé de rire, seule, et les autres n'ont semblé pas comprendre ce qui était si drôle, ce que moi même j'avais pu comprendre.
Je voulais vous dire aussi que j'avais lu beaucoup de vos mots.
Enzo Cormann.? Je n'ai pas réagit sur le coup ... j'ai lu Crédo.
Merci pour cette rencontre qui nous a, à tous, laissé une marque [ made in ] Fabrice Melquiot dans la pensée (et je ne pense pas éxagérer si j'y ajoute le coeur)
Je vous apelle au loin.
A bientot