Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /2010 17:45
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Hart Crane

399 secondes / Hart-Emily / Le Cabinet de curiosités

Si vous aimez
Shanghai, la poésie américaine, Hart Crane, Emily Dickinson, le pont de Brooklyn, les moins de vingt ans, les loges des théâtres, les voyages en cargo, le poisson qu'on mange vivant, les allumeuses, les dragueurs, les dépressives, les girouettes, les psychorigides, les vivants et les morts, les quenelles, les chansons, les sondages d'opinion, Edvard Munch, Kurt Cobain,
éprouver le vertige, dormir peu,  
Si vous aimez
vous arracher les dents vous-même, rester longtemps la tête sous l'eau, tomber amoureux puis changer d'avis, quitter, faire mal, humilier ceux qui vous sont chers
Si vous aimez
les éclipses de soleil, les vols de tableaux, les îles mystérieuses
Alors peut-être
Serez-vous heureux de passer par ces textes



Dickinson
 Emily Dickinson
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 16:56
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Du 23 au 25 mars au CDDB - Centre Dramatique De Bretagne - à Lorient, vous pouvez assister à la création de Tarzan Boy
Avec Elsa Rozenknop, Guillaume Ravoire, Daniel San Pedro et Paul-Marie Barbier.
Lumières : Pascale Bongiovanni
Son : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Costumes : Laetitia Oggiano 
Texte (publié chez L'Arche éditeur) et mise en scène : Fabrice Melquiot

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 23:16
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Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 21:05

Porte ton poids à travers neige

Porte ton poids

Sur la tangente que le visage trace au visage

Le long du temps

À force de faiblesses

Cette face de traits qui penchent dans la glace

Allonge-toi

De surface en surface

Froides elles t’écharpent et te laissent

Parfois pour morte

Profondément

Mais toute érosion a un enfant dans le limon

Déleste-toi

De toi en toi

Du poids de neige qui recouvre

La mare cramoisie des batailles

Où chantera demain une chorale au front lisse

Cherche une douceur sans propriétaire

Cette chaleur au monde

Offerte contre rien

Rien que le givre qu’elle console

Marche en guide et suiveur

Marche en femme et en homme

Particule et goutte d’eau

Porte ton poids

Et ne compte pas les morts en route

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 18:10

Les taxis-brousse cahotaient vers Dakar, nocturnes envolées sur le bitume

De l’autre côté de la route, le sommeil des glacières et des cormorans

Des gamines passaient, figures de proue sans vaisseau à charrier

Le téléphone public entassait les voix

Toutes les castagnes étaient rangées

Martin portait sa chéchia de dentelle noircie de crasse

Ibou préparait le thé dans une casserole de fer blanc, martelée comme l’était son cœur

Diakhaté rinçait les tasses dans une bassine sans eau

De l’autre côté du monde

Accroupis nous lancions nos blagues dans les scorpions

Nos rires éclataient, puis ils mouraient, pleins d'aiguillons

Nous buvions à nos santés inégales

J’aurais pissé dans cent mille violons pour inventer une musique très personnelle

 

 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 11:55

...


Rien dans les semailles de tes os

Rien dans les labours

Rien sur les collines

Rien dans la crécelle de l’enfant couché

Rien sous l’arbre sec

Rien dans le silence des phrases ou des falaises

Rien derrière, sauf si très loin derrière

Au premier point de l’horizon

Quand tu étais mort la première fois

Où les étoiles bégaient, l’oreille contre la nuit

Rien plus loin que toi de toi-même

Rien demain non plus

Rien dans les sanglots du poisson perroquet

Arrachés au harpon

Rien sous le lit

Rien à la fenêtre

Rien aujourd’hui

Géographie, brume, parole donnée

Rien ne dit

Que le temps est une ligne entre deux points

Rien dans les départs

Rien dans l’arrivée des trains en gare

Rien dans ton prénom

Et tes yeux bientôt pendront au cerisier

Planté hier de tes mains nues

Rien ne dit que tu mourras pour mourir

Le terme des dommages sera laissé vacant

Dans le jappement des peurs

La blancheur des questions

Tu cherches dans l’air si les disparus crachent des fruits

Rien de rien

Ni ton cœur dévorant

Ni tes yeux las de trop regarder

Ni ta voix mourante de trop vivre

Ni le soc des promesses

Dans la terre

Où les pas

Appellent d’autres pas

Rien ne dit que le soleil frappe plus fort que le squelette

Tu n’es pas si fragile

Tu n’es pas si seul

Tu tiens dans la main de minuscules alphabets

Un amour

Des bolides et un paratonnerre

Une installation pour la vitesse

Une autre pour la lenteur

Rien ne dit

Que rien ne dit

Rien

Le visible béni par l’invisible

Reprend le jeu

Quand il devient grave

Et tu souris peut-être

A la porte que l’on ferme

Sans choisir entre deux seuils
 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 09:26
Les livres évoqués samedi dernier à la Librairie des Abbesses :
 
Le poisson-scorpion de Nicolas Bouvier
L'éternité par les astres de Louis-Auguste Blanqui
Compact de Maurice Roche
La mer de Jules Michelet
Poésie verticale de Roberto Juarroz
La vengeance de la pelouse de Richard Brautigan
La Fourmi Rouge et autres textes de Charles-Albert Cingria
L'innommable de Samuel Beckett
La poétique de la rêverie de Gaston Bachelard
Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 09:55

Mais dans les tendons de ma nuque, je reconnais les jonques

De la joie

Bordées de lampions vifs

Elles tracent un sillon de nacre et résistent au bouillon

De petites embarcations qui se teintent de pourpre

Et mettent à mes joues

L’enfance à la mode 

L’éclairage de mes veines balise la marche des soirs

Et des matins

Et je vais

Je vais bien

Je vais très bien

Des barques me descendent, me remontent, des barques me traversent

Chargées de marchandises

Existentielles

Hier encore, les gars du port

Gueulaient leur santé

Dans une artère mal famée

Ils trinquaient à la mort des voyages !

Tout un peuple m’irrigue

Vêtu de rêves si réels qu’ils effraient

Coiffé de casquettes à visière et de ventres et de brins d’herbes

Gorgé d’enzymes tendres et de rires et de foudres

Et je vois

Je vois loin

Je vois très loin

Derrière les arbres 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 09:39

Hier était magique
Ta foi dans ma propre magie :
Quand je disais oui
Tu voyais un oiseau vert sensass
Me sauter du crâne
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 00:38




Dans les roches carbonées, aux veines noires, sang tari

L’arpenteur pose sa tête

Et elle bleuit

Est-ce toi que le soir déguise en prose au crayon de couleur ?

 

Petit poème du crassier

Où monte la vigie

Pour parler bas

De qui meurt

 

Mon visage n’est plus présentable qu’à la lumière des souterrains

Viens voir

La nuit m’offrir son sein unique sous le corsage opaque

 

Nous avons failli, toi et moi, faire un avion de quatre bras

Un voyage à dix balles sur l’Île des Aléas

Avec chapeau de paille, aspirations, vitraux pour notre église

Et puis

Le soir

Un soir qu’on appelle le soir

Un caillou, du verre brisé, le souffle court

 

Et puis

Nous avons relancé les dés

La Roue des Temps Composés

Dans la tombola du dimanche

 

Nous avons relancé
 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

Texte libre

L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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