Présentation

Texte libre

Ils ont amputé / tes cuisses de mes hanches.

A mes yeux ce sont toujours / des médecins. Tous autant qu'ils sont.

Ils nous ont détachés / l'un de l'autre. A mes yeux ce sont des ingénieurs.

Dommage. Nous étions une bonne invention / et amoureuse avec ça :

un avion fait d'un homme et d'une femme, avec des ailes et tout le reste :

nous nous sommes un peu élévés du sol,

nous avons un peu volé.

Yehuda Amichaï, "Perdu dans la grâce"

 

Pour toute demande de droits concernant les pièces de théâtre ou poèmes publiés à L'Arche, merci de contacter Katharina von Bismarck au +33 1 46 33 63 26.

Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 16:56
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Du 2 au 19 février au Théâtre National de Bordeaux Aquitaine, vous pouvez assister à la création de Tarzan Boy
Avec Elsa Rozenknop, Guillaume Ravoire, Daniel San Pedro et Paul-Marie Barbier.
Lumières : Pascale Bongiovanni
Son : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Costumes : Laetitia Oggiano 
Texte (publié chez L'Arche éditeur) et mise en scène : Fabrice Melquiot

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 11:32
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lundi 18 janvier au samedi 6 février 2010

 

399 secondes

 

de Fabrice Melquiot

 

 

mise en scène Stanislas Nordey

 

collaboratrice artistique Claire-Ingrid Cottanceau

 

lumières Philippe Berthomé

assistants à la mise en scène Garance Dor, Olivier Dupuy

 

avec

Benjamin Barou-Crossman

David Botbol

Christelle Burger

Laurent Cazanave

Yoan Charles

Marine De Missolz

Julie Duchaussoy

Vanille Fiaux

Manuel Garcie-Kilian

Simon Le Moullec

Julien Polet

Emilie Quinquis

Chantal Reynoso

Anne-Sophie Sterck

 

399 secondes est publiée chez L’Arche Editeur.


lundi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h

mardi à 19h - samedi à 16h

 

Plein tarif : 20 € Tarifs réduits : 15 € et 10 €

Étudiants, scolaires : 8 €

 

Réservations : 01 42 55 55 50

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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 20:05


Après la diffusion du feuilleton Toxic Azteca Songe
sur France Culture, Manuel Ulloa-Colonia présente une maquette de mise en scène de l'adaptation théâtrale du texte à Auber Palace - Aubervilliers - le 1er février à 20h.

Avec Paolo Cordova, Philippe Girard, Odille Lauria, Giovanni Ortega et Chloé Réjon.  


TAS-verso


TAS-recto
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 23:16
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 21:05

Porte ton poids à travers neige

Porte ton poids

Sur la tangente que le visage trace au visage

Le long du temps

À force de faiblesses

Cette face de traits qui penchent dans la glace

Allonge-toi

De surface en surface

Froides elles t’écharpent et te laissent

Parfois pour morte

Profondément

Mais toute érosion a un enfant dans le limon

Déleste-toi

De toi en toi

Du poids de neige qui recouvre

La mare cramoisie des batailles

Où chantera demain une chorale au front lisse

Cherche une douceur sans propriétaire

Cette chaleur au monde

Offerte contre rien

Rien que le givre qu’elle console

Marche en guide et suiveur

Marche en femme et en homme

Particule et goutte d’eau

Porte ton poids

Et ne compte pas les morts en route

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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 18:10

Les taxis-brousse cahotaient vers Dakar, nocturnes envolées sur le bitume

De l’autre côté de la route, le sommeil des glacières et des cormorans

Des gamines passaient, figures de proue sans vaisseau à charrier

Le téléphone public entassait les voix

Toutes les castagnes étaient rangées

Martin portait sa chéchia de dentelle noircie de crasse

Ibou préparait le thé dans une casserole de fer blanc, martelée comme l’était son cœur

Diakhaté rinçait les tasses dans une bassine sans eau

De l’autre côté du monde

Accroupis nous lancions nos blagues dans les scorpions

Nos rires éclataient, puis ils mouraient, pleins d'aiguillons

Nous buvions à nos santés inégales

J’aurais pissé dans cent mille violons pour inventer une musique très personnelle

 

 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 11:55

...


Rien dans les semailles de tes os

Rien dans les labours

Rien sur les collines

Rien dans la crécelle de l’enfant couché

Rien sous l’arbre sec

Rien dans le silence des phrases ou des falaises

Rien derrière, sauf si très loin derrière

Au premier point de l’horizon

Quand tu étais mort la première fois

Où les étoiles bégaient, l’oreille contre la nuit

Rien plus loin que toi de toi-même

Rien demain non plus

Rien dans les sanglots du poisson perroquet

Arrachés au harpon

Rien sous le lit

Rien à la fenêtre

Rien aujourd’hui

Géographie, brume, parole donnée

Rien ne dit

Que le temps est une ligne entre deux points

Rien dans les départs

Rien dans l’arrivée des trains en gare

Rien dans ton prénom

Et tes yeux bientôt pendront au cerisier

Planté hier de tes mains nues

Rien ne dit que tu mourras pour mourir

Le terme des dommages sera laissé vacant

Dans le jappement des peurs

La blancheur des questions

Tu cherches dans l’air si les disparus crachent des fruits

Rien de rien

Ni ton cœur dévorant

Ni tes yeux las de trop regarder

Ni ta voix mourante de trop vivre

Ni le soc des promesses

Dans la terre

Où les pas

Appellent d’autres pas

Rien ne dit que le soleil frappe plus fort que le squelette

Tu n’es pas si fragile

Tu n’es pas si seul

Tu tiens dans la main de minuscules alphabets

Un amour

Des bolides et un paratonnerre

Une installation pour la vitesse

Une autre pour la lenteur

Rien ne dit

Que rien ne dit

Rien

Le visible béni par l’invisible

Reprend le jeu

Quand il devient grave

Et tu souris peut-être

A la porte que l’on ferme

Sans choisir entre deux seuils
 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 09:26
Les livres évoqués samedi dernier à la Librairie des Abbesses :
 
Le poisson-scorpion de Nicolas Bouvier
L'éternité par les astres de Louis-Auguste Blanqui
Compact de Maurice Roche
La mer de Jules Michelet
Poésie verticale de Roberto Juarroz
La vengeance de la pelouse de Richard Brautigan
La Fourmi Rouge et autres textes de Charles-Albert Cingria
L'innommable de Samuel Beckett
La poétique de la rêverie de Gaston Bachelard
Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 09:55

Mais dans les tendons de ma nuque, je reconnais les jonques

De la joie

Bordées de lampions vifs

Elles tracent un sillon de nacre et résistent au bouillon

De petites embarcations qui se teintent de pourpre

Et mettent à mes joues

L’enfance à la mode 

L’éclairage de mes veines balise la marche des soirs

Et des matins

Et je vais

Je vais bien

Je vais très bien

Des barques me descendent, me remontent, des barques me traversent

Chargées de marchandises

Existentielles

Hier encore, les gars du port

Gueulaient leur santé

Dans une artère mal famée

Ils trinquaient à la mort des voyages !

Tout un peuple m’irrigue

Vêtu de rêves si réels qu’ils effraient

Coiffé de casquettes à visière et de ventres et de brins d’herbes

Gorgé d’enzymes tendres et de rires et de foudres

Et je vois

Je vois loin

Je vois très loin

Derrière les arbres 

Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 09:39

Hier était magique
Ta foi dans ma propre magie :
Quand je disais oui
Tu voyais un oiseau vert sensass
Me sauter du crâne
Par Fabrice Melquiot - Publié dans : fabricemelquiot
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L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela, est un acte d’amour : créer de la présence.
 
L’office de la parole
Est que le monde puisse dire le monde,
Que le monde puisse dire l’homme.
 
La parole : ce corps vers tout.
La parole : ces yeux ouverts.
 
Roberto Juarroz, "Poésie verticale"
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