A l’heure chienne
On est sans descendance
Dans une ville étrangère
Sans destination
Ni patronyme
Le pouls sanglé
A des vents sinueux
Et des artères malsaines
La ruine d’existences en ruines
On passe le chiffon
Sur une arche de souvenirs falots
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Rien ne brille que ce qui brille pour rien
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On est au bar l’invisible manivelle
D’un orgue à vendre
Et on pleure de rire
Comme le fou dans sa cage d’esprits
S’en remet toujours à lui-même
Pour sortir
Victorieux de l’espoir
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Rien à convoiter
Sinon ce que l’autre a su perdre avant soi
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Son corps d’animal dans son corps d’homme
On avance à pas de fourmi
Recule à pas de loup
Dans la mélancolie
C’est ici
Tout l’amour qu’on porte à ses chagrins
Ces peines sans origine
Qui font retentir
L’éclat d’écrire
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Rien n’est à soi que ce revolver sur la tempe d’une fête
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C’est l’heure où s’éteignent les voyages
Dans l’art brut des chemins
Les pèlerins s’annulent
Au fur de l’appel
Leur nom blanchit sous d’autres noms
Et les balises pleurent nos détresses
Un mauvais lit ne tient que de mauvaises promesses
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C’est l’heure où les hommes
Prennent aux chiens leurs tiques
Et se grattent le derme pour trouver
La peau de l’autre sous sa peau à soi
Ils se reniflent le cul
Dans des vies de copistes
Qui s’annulent en se reprenant
Et celui qui marche est piétiné
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A l’heure chienne
Cent cloches tremblent sur le trottoir de l’Avenida Pedro Montt
On salue les mourants qui repeignent
La devanture des aventures
En chantant faux
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Ils vendent un sparadrap des sucettes ou leurs parents
Prient le ciel de leur accorder trois épis de maïs
Et une chaude-pisse de leur lâcher le frein
Leur corps ment comme la verrière d’une gare
Qui signale une arrivée
Quand le train va partir
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Je te cherche
A l’heure chienne
Dans des rues peuplées de vieux garçons
En pulls jacquards
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Je suis une imitation qu’on imite
Un article bon marché
Qui prend la poussière
Sur l’étal des chiens et des humains
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Maintenant, l’Amérique est au sud
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Je t’ai trouvée
A l’heure où les morts font silence
Respectueux de notre attente
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Tu es cassable, mademoiselle
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Maintenant, le soleil n’a plus de joue
A te tendre
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Brûle sans lui
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Je prends des gants pour te demander ton prénom
Ma question prend ton histoire
A pleines mains
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Noah
Noah J. Terlow
Sur ton passeport tâché d’encres
Autoritaires
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Et quand tu lèves les yeux
Je salue les esclaves
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